29 mai 2018

5 questions à Peter Sinclair

Peter Sinclair est un artiste sonore franco-britannique, enseignant-chercheur à l’école d’art d’Aix-en-Provence. Il était accompagné d’Owen Chapman pour peaufiner leur DATA-live au GMEM marseille à la Friche la Belle de Mai en février dernier. L’occasion pour nous de poser nos 5 petites questions.

 

+ d’infos : http://gmem.org/residence/peter-sinclair-owen-chapman/

 

 

Une rapide présentation ?

 

Je m’appelle Peter Sinclair. Je suis artiste, mes axes de recherches se concentrent autour du son. Je suis aussi enseignant à l’école d’art d’Aix-en-Provence et chercheur avec l’unité de recherche PRISM.

 

Est-ce que tu peux nous parler du programme Future DiverCities et du projet que vous développez dans le cadre de cette résidence au GMEM Marseille ?

 

Le programme est largement axé sur les « Smart CIties », mais c’est aussi (si j’ai bien compris) l’idée de réfléchir à de nouveaux modes de productions artistiques. Il a une volonté de création de nouveaux liens, de nouvelles interactions de types : mécénat/sponsoring/échanges … Nous avons donc rencontré beaucoup d’étudiants, des universitaires avec qui nous avons abordés des questions liées à l’urbain, des géographes ou encore des géomaticiens qui proposent de nouvelles formes de cartographies et de traitements de données.
Le projet que nous développons dans le cadre de la résidence s’intitule « Ville sans Voiture ». C’est une visualisation/sonification qui est produite à partir de trajets effectués par les membres du public qui viennent écouter notre concert, notre proposition musicale.

 

Quelle a été l’étincelle qui vous a donné l’idée de ce DATALive ?

 

Je pense que ce fut en vérité deux longs trajets qui convergent plutôt qu’une étincelle ! En fait, nous fusionnons des idées sur lesquelles nous travaillons depuis un moment tous les deux. J’ai beaucoup travaillé sur « la mise en sons » des données de trajectoires, notamment dans le secteur automobile. Owen lui a beaucoup travaillé sur des questions de prise de sons et de remixage de sons géolocalisés. Nous avons donc réfléchi ensemble, à partir de nos compétences et de nos travaux de recherche. C’est cette convergence qui a fait naitre le projet.

 

Est-ce que tu pourrais nous donner une version de la DATA ?

 

Ce qui m’intéresse dans les données (ou DATA) c’est le fait que ça n’ai pas de forme, ni d’odeur .. Bref pas de matérialité, pas de concret. L’on peut donc capturer des choses à partir de l’environnement et leur donner une forme. C’est vraiment cet endroit qui m’intéresse, ce n’est pas ce pour quoi les banquiers ou les assurances ou les GAFAMs s’intéressent aux DATA lorsqu’ils veulent vous vendre des produits.

Les fluxs de données, selon moi, ouvrent la possibilité d’une sorte d’ancrage dans le monde réel ou dans l’environnement qui est en constante évolution. Cet ancrage permet la création, l’élaboration d’un point de départ d’une réflexion sans être enfermé dans une « forme » et une « matérialité » particulière.

 

Que faut-il te/vous souhaiter pour la suite ?

 

Peut-être que nous réussissons à faire fonctionner cette installation.. un petit peu au moins !